Carton rouge et satisfecit

Satisfecit tout d’abord à la centaine de députés de droite qui ont déposé le 19 octobre dernier sur le bureau de l’Assemblée nationale, une proposition de loi visant à rapatrier sur le sol national les restes des marins inhumés au cimetière militaire de Mers el-Kébir, totalement vandalisé et profané en 2005 et dont les croix chrétiennes ont été martelées et brisées.

Quant à l’ossuaire où repose principalement les marins du cuirassé « Bretagne », celui-ci est à ciel ouvert et les restes piétinés et couverts de gravas. En dépit de la remise en état de ce cimetière, rien ne peut raisonnablement garantir à moyen et long terme, comme le précise cette proposition, la dignité des sépultures des 1 300 marins français tombés en juillet 1940 à Mers el-Kébir.

Carton rouge en revanche à Christian Estrosi, maire de Nice, qui vient de décider d’ériger en plein centre de sa ville, une statue de 3,70 m de haut, représentant l’homme du 18 juin. Confiée au sculpteur Jean Cardot, qui ajoute que De Gaulle est devenu « intouchable hors du monde des humains ordinaires », cette œuvre devrait le représenter tourné vers la mer, descendant les Champs-Elysées, le jour de la libération de Paris. M. Estrosi qui prétend en 2012, réunir dans une grande manifestation les Pieds-Noirs pour célébrer leur œuvre outre-mer, vient donc de tourner le dos à ce que fut depuis 1962 Nice : une ville d’accueil des Français d’Algérie, pour célébrer alors que rien ne l’y obligeait, celui qui fut leur fossoyeur. Cette décision indigne qui constitue une véritable provocation pour tant des nôtres qui ont choisi Nice pour y refaire leur deuxième vie, ne peut rencontrer que le plus profond mépris. Il est à craindre dans l’hypothèse où M. Estrosi persisterait dans sa volonté d’inaugurer cette statue, que de nombreux Pieds-Noirs s’invitent à la fête pour lui rappeler quelques évidences.

Carton rouge également à Azouz Begag, ancien ministre de l’Egalité des chances dans le gouvernement Villepin, qui a déclaré le 30 octobre 2010 à Alger : « Sarkozy a adopté le discours d’extrême droite et s’est allié aux Harkis et aux autres mouvements sionistes ». « Il faut soutenir une nouvelle génération de politiques issue de l’immigration algérienne en France afin de les propulser à l’Assemblée nationale, où il pourront voter des lois favorables à l’Algérie ». Inutile de commenter plus avant les déclarations sordides de cet ex-ministre qui joue désormais les seconds couteaux du président Bouteflika.

Carton rouge enfin à François Hollande qui n’a pas manqué lors de son tout récent voyage à Alger de se pâmer d’admiration devant les œuvres du président Bouteflika et d’être même reçu par Ben Bella.