Jack Lang, nouveau héros de la repentance

 

On savait, après son piteux retrait de la course à l’investiture présidentielle au sein du parti socialiste, que l’ineffable Jack Lang rongeait son frein et brûlait d’être utile à quelque chose. Il semble qu’il ait trouvé sa voie à Alger, en présence de son nouveau maître à penser Abdelaziz Bouteflika. À l’issue d’une heure et demie d’entretien, Jack Lang, porteur d’un message de sa candidate Ségolène Royal, devait, en effet, déclarer « qu’il était temps que la France reconnaisse les crimes commis par la colonisation en Algérie, qu’elle avait un devoir de réparation historique et qu’il fallait même réformer les manuels scolaires français qui présentent une histoire idyllique de la colonisation », allant même jusqu’à dire qu’il fallait « décoloniser les mentalités ». Aucun de ceux qui connaissent le personnage n’aura été surpris par cet exercice lamentable d’aplaventrisme, qui plus est, effectué devant un homme aussi peu recommandable qu’Abdelaziz Bouteflika. Cet exercice d’autoflagellation au nom de la France fit toutefois l’objet d’un certain nombre de condamnations politiques parmi lesquelles celle de notre ministre des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy qui, semblant s’être réveillé pour la circonstance, devait déclarer que « la France devait cesser de battre sa coulpe ». François Bayrou, quant à lui, devait qualifier de « grande imprudence les déclarations de Jack Lang susceptibles d’aviver à nouveau les blessures de notre pays ». Jean-Marie Le Pen ne devait pas être en reste lui non plus en qualifiant les propos de Jack Lang de « crapuleux » et en soulignant que « si la France a à demander des comptes, elle doit le demander à ceux qui ont permis le départ dans la ruine d’un million de Français après l’indépendance de l’Algérie ». Philippe de Villiers, a estimé, quant à lui, « scandaleuse » la déclaration de Jack Lang « exigeant de Ségolène Royal qu’elle s’explique sur cette faute lourde et qu’elle s’excuse de cette infamie pour tous les Pieds-Noirs et les Harkis ». Enfin, Nicolas Sarkozy, à Toulon, devait lancer « à tous ceux qui sont revenus des colonies en ayant tout abandonné, n’emportant avec eux que leurs souvenirs de jeunesse et cette nostalgie qui ne les quittera jamais, je veux dire que si la France a une dette morale, c’est d’abord envers eux. Aux enfants des Harkis je veux dire que si la France a des excuses et des réparations à faire, c’est à eux qu’elle les doit ». Espérons que de telles déclarations tiennent, comme l’on a coutume de dire, la marée avec le temps.

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